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Hôtel de la Préfecture à Saint-Denis

Le plus vieil édifice administratif de l’île

Au cours des années 1730, la Compagnie des Indes construit des entrepôts pour le commerce. Ils abritent aussi les bureaux des administrateurs coloniaux.

A Saint-Denis, de 1735 à 1739, esclaves malgaches, maçons indiens et français sous contrat s’activent à la construction d’un vaste entrepôt sous l’autorité de l’ingénieur Sornay. Tous suivent les directives du gouverneur Bertrand Mahé de La Bourdonnais, qui souhaite un magasin et une résidence pour les gouverneurs de Bourbon : “la Loge”.

Construits à l’aide de moellons recouverts d’en- duit à la chaux, les bâtiments sont répartis autour d’une cour intérieure. Ils possèdent tous un étage, couvert de toitures plates : les argamasses.

Les premiers changements
En 1764, la guerre franco-anglaise dans l’océan Indien ruine la Compagnie des Indes qui revend l’île à Louis XV. Les gouverneurs royaux prennent possession de “la Loge”, qu’ils restaurent et transforment dans les années 1770. L’aile nord est détruite et remplacée par une grille. Des toitures en charpente couvertes de bardeaux remplacent les toitures terrasses

Remise en état et embellissement
Durant les années 1820-1830, d’importants travaux modifient encore la vieille Loge : construction d’un avant-corps couronné d’un fronton et d’un dôme se prolongeant par un belvédère ; réalisation de toitures “à la française” ; ajout de piliers et de colonnes néo- classiques pour consolider les varangues.

L’origine de l’apparence actuelle
A partir de 1951, l’architecte Jean Hébrard dirige la modernisation de l’édifice. Dôme et belvédère au-dessus du fronton sont supprimés. Le long de la façade sud, une galerie de style néoclassique embellit l’arrière de l’édifice. Les travaux de restau- ration s’achèvent vers 1970.
C’est le premier édifice réunionnais classé Monument historique.

Les premiers Dionysiens
En 1723, 1724 et 1726, 15 colons obtiennent les terrains situés le long de l’actuelle rue de Paris.
Pour les administrateurs de la colonie, il s’agit de rapprocher les habitants les uns des autres pour “pouvoir se secourir plus facilement et former une ville”. Parmi eux : Gilbert Wilman, Richard Deyble, Jean Grayell, Barbe Guichard, François Boulaine, Henri Justamon, Pierre de Guigné, Guy Dumesnil ou encore Pierre Pradeau.

Le plan en damier

Les débuts de l’économie de plantation favorisent l’apparition d’une architecture monumentale et la création des premières villes. Certaines ont un plan en damier, comme Saint-Denis. Son territoire est divisé rationnellement par des rues orientées nord-sud, comme la rue Royale (actuelle rue de Paris) et d’autres est-ouest, comme la rue du Grand Chemin (actuelle rue du Maréchal Leclerc).
Les rues forment une trame, divisant la plaine en grands carrés qui seront distribués aux premiers citadins. L’urbanisme de Saint-Denis, première ville des Mascareignes à posséder un plan en damier, est comparable aux villes coloniales américaines, à la ville du Cap en Afrique du Sud ou encore à la cité de Pondichéry sur la côte de Coromandel.

Textes : Fabienne Jonca et Bernard Leveneur

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